Un des multiples effets collatéraux du Covid est en train de toucher de plein fouet l’Europe. Le prix de l’acier connait une hausse brutale depuis décembre et elle ne semble pas prête de se calmer. Toutes les industries étroitement liées à l’acier en subissent les conséquences : mobilier urbain, automobile, transport, fabrication de machines-outils… et bien sûr la filière du rayonnage lourd.

La hausse du prix de l’acier en chiffres

Comme le rapporte le Moniteur, alors que le prix de l’acier avait connu une baisse en 2019 et une grande partie de 2020, il a bondi en moyenne de 25% depuis décembre 2020. La hausse des prix a d’abord concerné les tôles en acier, puis les tubes de minerai avant de se répercuter sur la ferraille.

La tonne d’acier de hauts-fourneaux se négociait autour de 250 € avant novembre. Elle se vend aujourd’hui environ 600 €.

Par exemple, la nuance S355, la plus utilisée par les constructeurs, est passée de 500 à 1 000 € la tonne aujourd’hui. Les bobines d’acier laminé à chaud ont gagné près de 80 % depuis août 2020.

A noter : l’aluminium connaît aussi des hausses de prix colossales, avec souvent plus de 100 % sur certaines opérations.

Les analystes du Platts, tout comme Oddo BHF, estiment que les prix de l’acier devrait toutefois se stabiliser, sans pour autant baisser immédiatement.

Pourquoi une telle flambée des prix ?

Cette tension sur les prix est une conjonction de multiples facteurs.

L’impact du Covid sur l’offre et la demande

Cette situation est liée en partie à la crise du Covid. Face à la baisse de la demande, les sidérurgistes ont décidé d’arrêter les hauts fourneaux pour écouler leurs stocks. Une dizaine d’usines ont ainsi été arrêtés soit environ 50% de la production européenne. Trois haut-fourneaux de ArcelorMittal étaient à l’arrêt en France en mars 2020.

Il y a ensuite eu un redémarrage progressif de l’activité mais les producteurs ont fait le choix de ne pas redémarrer leur production. Une fois les stocks épuisés, les prix ont commencé à grimper.

La demande s’est envolée fin 2020. Problème : les haut-fourneaux ont besoin d’un délai incompressible pour relancer leur production. Ce décalage a provoqué un bond des prix.

Sur les trois hauts-fourneaux d’ArcelorMittal arrêtés en mars 2020, l’un a redémarré en août et l’autre en décembre à Dunkerque. Celui de Fos-sur-Mer est reparti en septembre.

A noter : la hausse des prix de l’acier s’explique aussi par la hausse des prix des conteneurs de transport maritime, dont l’indisponibilité a réduit par exemple les exportations de cathodes de cuivre du Chili.

Le dynamisme chinois

Dans le même temps, l’importation d’acier chinois s’est ralentie. Les quotas d’importation fixés par l’Union européenne sont épuisés.

Dans le même temps, la Chine a redémarré en trombe son activité. Le pays a même augmenté ses importations de 98 % entre avril 2020 et janvier 2021.

Et pour couronner le tout, en raison des tensions diplomatiques avec l’Europe, la Turquie – très gros producteur d’acier issu de la ferraille – s’est tournée vers la Chine pour écouler ses stocks où la demande a très fortement redémarré au printemps 2020.

Conséquences de la hausse du prix de l’acier sur l’industrie française

Cette rareté de l’acier a rallongé les délais d’approvisionnement de nombreux acteurs jusqu’à 3 ou 4 mois.

L’augmentation des coûts de l’acier est difficile à supporter pour des contrats souvent signés à l’avance avec des prix fermes comme c’est le cas pour la construction. Seule solution : renégocier les prix.

De nombreux analystes tablent sur une très forte reprise économique dès cet été en France en raison d’une euphorie du déconfinement après une année de privations (on évoque même de nouvelles « 30 glorieuses »). Il est donc possible que les tensions sur les prix restent palpables encore longtemps.

Les entrepôt e-commerce en forte croissance doivent de plus absolument s’équiper de racks de stockage, un investissement qu’ils ne peuvent pas reporter.

Sur le marché du rack lourd, certain acteurs font face à des difficultés d’approvisionnement et à une hausse des coûts de matières premières.

Pour le moment, le marché du rack d’occasion se maintient à des tarifs abordables.