On s’en doute, la crise de la Covid-19 et les confinements successifs qui ont suivi n’ont pas été bénéfiques aux flux de marchandises ni sur l’immobilier logistique. Toutefois, si la situation des transporteurs routiers B2B est nettement dégradée, celle des transporteurs B2C a connu une embellie exceptionnelle.

Une économie mondiale en berne… mais pleine d’espoir

Il va falloir faire le dos rond.  L’OMC prévoit une baisse de 9,2% du volume du commerce mondial des marchandises en 2020.. avant une reprise nette en 2021 de 7,2%, à condition que le virus soit jugulé et donc sous réserve que les vaccins tant attendus soit rapidement délivrés aux 4 coins de la planète.

Toujours selon l’OMC, le PIB mondial reculera de 4,8% en 2020, puis progressera de 4,9% en 2021. Toutefois, la baisse de plus de 14 % en glissement trimestriel du commerce mondial des marchandises au cours du deuxième trimestre est la plus forte jamais vue depuis 1945.

Le transport de marchandises B2B fortement impacté en 2020

Fin mars, près de 59% des camions français étaient à l’arrêt selon un sondage effectué auprès des adhérents par la FNTR. Cela donne un perçu de l’ampleur de l’impact du premier confinement.

Une étude de la BP2R apporte plus de lumière sur la période récente.  Selon cette étude, 54% des acteurs du transport routier indiquent subir un recul de leur activité en 2020.  34% des transporteurs routiers enregistrent une baisse d’au moins 5% de leur volume d’activité. 

Cette étude qui comportait 16 questions a été réalisée du 28 septembre au 30 octobre 2020 auprès de 191 transporteurs localisés en France et en Europe.

Les attentes pour la fin de l’année ne sont pas optimistes : 69% des répondants jugent improbable l’atteinte de leurs objectifs annuels d’ici décembre. Les défaillances devraient rester limitées. En effet, deux entreprises sur trois estiment être malgré tout à l’équilibre. C’est donc surtout l’investissement futur qui pâtira de la situation actuelle, à moins que la reprise soit rapidement vigoureuse aux prémisses de 2021.

Le transport de colis B2C a pris le relais

Dans le même temps, 31% des transporteurs constatent une croissance de leur activité. Le transport B2C a enregistré un accroissement hors-normes. Les achats sur internet ont porté ce phénomène. Sans surprise, 48% des représentants spécifiques de la messagerie colis indiquent une augmentation de leur activité.

Question délicate pour un transporteur : faut-il s’adapter en développant son activité vers la livraison aux particuliers ? L’étude de la BP2R répond sur ce point : pour 38% des répondants, une transformation structurelle de leur activité n’est pas envisageable en 2021, bien qu’ils signalent que l’opportunité est envisageable.

Le rôle support de l’Etat sera déterminant. Le logisticien STEF, par lequel transitent 50 % des produits alimentaires consommés en France, appelle d’ailleurs les autorités à « reconnaître toute la chaîne logistique comme Opérateur d’Importance Vitale ».